Flatter (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XII e siècle, flater. Emprunté du francique *flatjan, « passer le plat de la main ».
1. Caresser, toucher doucement du plat de la main, pour montrer son affection, féliciter, encourager. Flatter la joue d'un enfant. S'applique plutôt aux animaux. Flatter son chien. Flatter l'encolure d'un cheval.
2. Affecter agréablement. Flatter les sens. Une musique qui flatte l'oreille. Par anal. Causer une satisfaction, en particulier d'amour-propre. Une telle préférence me flatte et m'honore. Je suis flatté de l'attention que vous me portez. Être flatté dans sa vanité. Voilà qui flatte le cœur d'une mère. Cela flatte l'orgueil. Par ext. Voilà un évènement qui flatte mes espérances, qui confirme leur bien-fondé et les encourage. Cette réussite flatte ses désirs.
3. Traiter avec une douceur excessive, encourager par une complaisance blâmable ou coupable. Flatter les caprices, les manies d'une personne. Il flattait jusqu'aux pires folies du prince.
4. Chercher à tromper par de faux espoirs, à bercer d'illusions. Un malade que son médecin avait longtemps flatté (très vieilli). Flatter quelqu'un de quelque chose. Pron. Se
5. Louer à l'excès dans l'intention de plaire, de séduire, d'exploiter. Ceux qui flattent les princes les corrompent. Les puissants s'accoutument vite à être flattés. Elle aime à s'entendre
6. Embellir. Flatter une personne, la peindre, la représenter plus belle qu'elle n'est. Le peintre l'a un peu flattée. Un portrait flatté. Ce maquillage, cet éclairage la flatte. Par anal. Faire de vive voix ou par écrit un portrait embelli ; dire d'une personne plus de bien qu'elle ne mérite. Vous nous l'avez représenté comme un homme de beaucoup d'esprit, ne l'avez-vous pas flatté ? Pron. Se
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Louer excessivement dans le dessein de plaire, de séduire, d'exploiter. "Ceux qui flattent les princes les corrompent. Les hommes aiment ordinairement ceux qui les flattent. Elle aime à s'entendre
"Flatter les passions, les caprices, les goûts de quelqu'un," Complaire aux passions, aux caprices, aux goûts de quelqu'un, leur donner son approbation, des louanges. "Cet orateur flattait les passions de la multitude. Il flatte jusqu'aux caprices du prince. Il flatte tous ses goûts."
Par analogie, en termes de Peinture, "Flatter une personne," La peindre, la représenter plus belle qu'elle n'est. "Le peintre l'a un peu flattée." Par extension, "Portrait flatté," Portrait où la personne est peinte en beau.
Dans un sens plus général, "Flatter une personne," En faire de vive voix ou par écrit un portrait flatté, en dire plus de bien qu'elle ne mérite. "Vous nous l'avez représenté comme un homme de beaucoup d'esprit, ne l'avez-vous point flatté? Il a fait de ce ministre un portrait qui n'est point flatté."
Il signifie aussi Caresser. "Flatter un cheval de la main, avec la main. Flatter un chien." Par extension, "Une musique qui flatte l'oreille. Un spectacle qui flatte les yeux."
Il signifie encore Entrer dans les vues, partager les sentiments de quelqu'un. "Flatter la peine, les ennuis, la douleur, le chagrin de quelqu'un. Flatter les manies, la folie de quelqu'un."
"Flatter quelqu'un de quelque chose," Lui faire espérer quelque chose, l'amuser de l'espérance de quelque chose. "Il y a longtemps qu'on le flatte de cette espérance."
Il signifie quelquefois Causer un vif plaisir, une grande satisfaction. "Voilà qui est bien capable de
SE FLATTER signifie Avoir ou vouloir donner une trop haute idée de soi-même, de son habileté, de ses ressources, etc. "C'est un homme vain qui se flatte toujours. Il est ridicule de se flatter. Je ne me flatte point, je connais mes défauts. Je puis dire, sans me
SE FLATTER DE, SE FLATTER QUE signifie S'entretenir dans l'espérance, s'amuser de l'espérance de quelque chose, prétendre, espérer à tort ou à raison. "Elle s'était flattée de réussir. Il se flatte qu'on aura besoin de lui. J'y parviendrai, je m'en flatte. Il se flatte que vous approuverez sa conduite. Je me flatte que vous ne doutez point de mes sentiments."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Caresser par quelque attouchement (sens étymologique et primitif). Flatter un enfant. Flatter un cheval avec la main. Le chien flatte avec la queue.
RÉGNIER: « Puis, me flattant l'épaule, il me fit librement L'honneur que d'approuver mon petit jugement »
VOLT.: « De la main qui le flatte, il se croit redouté »
BUFF.: « Ce qui prouve que c'est le besoin qui le rendait souple et caressant [un chien métis de loup], c'est que dans d'autres circonstances il cherchait souvent à mordre la main qui le flattait »
MILLEV.: « Ton cou nerveux [d'un cheval] de sa main fut flatté ; Moins douce était la timide gazelle »
CHATEAUB.: « Cymodocée flattait son vieux père de sa belle main, et, caressant sa barbe argentée.... »
Se
MARMONTEL: « Thibouville à son tour parla, et en se flattant le menton de la main pour faire admirer sa turquoise »
Par extension.
MOL.: « Que cette parole m'est douce, et qu'elle flatte mes désirs ! »
RAC.: « Lui parmi les transports, affable en son orgueil, à l'un tendait la main, flattait l'autre de l'oeil »
Terme de manége. Flatter un cheval fougueux, céder à sa fantaisie, de manière à ralentir peu à peu ses mouvements.
Flatter la corde d'un instrument de musique, la toucher doucement.
Terme de jeu. Flatter le dé, jeter doucement les dés dans l'espoir illusoire de n'amener qu'un petit nombre de points.
Fig. Flatter le dé, déguiser, adoucir quelque chose de fâcheux pour quelqu'un. Il ne faut pas
Flatter le courant d'une rivière qu'on veut détourner d'un bord qu'elle menace, lui opposer non une digue qui résiste en face, mais une surface qui, ne faisant d'abord qu'un angle léger avec son courant, l'écarte peu à peu du bord.
Flatter les vagues, opposer des digues à l'impétuosité des eaux en formant un talus sur lequel elles glissent sans briser.
2 Traiter avec trop de douceur et de ménagement.
Dict. de l'Acad.: On ne guérit point les grands maux en les flattant
J. J. ROUSS.: « Je ne cherche point à
Flatter une plaie, n'y appliquer que des remèdes trop doux.
3 Adoucir.
CORN.: « Mais que je tâche en vain de
CORN.: « Tant qu'un espoir de paix a pu
CORN.: « Mais je n'en conçois rien qui flatte mon ennui »
FLÉCH.: « Ne croyez pas que, pour consoler ou pour
RAC.: « Bérénice d'un mot
RAC.: « Mais toujours quelque espoir flattait mes déplaisirs »
4 Charmer, délecter, en parlant des sens. La musique flatte l'oreille. Le bon vin flatte le palais.
BOSSUET: « Les biens qui flattent les sens »
FÉN.: « Les plaisirs dont vous flattez les hommes »
HAMILT.: « Tout y flattait son goût »
VOLT.: « La terre des Gangarides produit tout ce qui peut
5 Causer une vive satisfaction. Une telle préférence me flatte. Cela doit bien
En un sens analogue.
CORN.: « Les douceurs de l'amour, celles de la vengeance, N'ont point assez d'appas pour
PASCAL: « Les Juifs pleins des biens qui flattaient leur cupidité »
SÉV.: « Je me laisse
RAC.: « Et Mathan par ce bruit qui flatte sa fureur [d'Athalie] »
RAC.: « Quoi ! tu crois, cher Osmin, que ma gloire passée Flatte encor leur valeur et vit dans leur pensée ? »
RAC.: « ....Non, non, je le connais, mon désespoir le flatte »
RAC.: « L'amour avidement croit tout ce qui le flatte »
MASS.: « Le joug du devoir n'a rien qui flatte l'orgueil »
VOLT.: « Il ne faut pas croire que les rois soient bien flattés de toutes les
BUFF.: « Ces fables flattent la crédulité, mais malheureusement ce ne sont que des fables »
MARMONTEL: « Les réponses qu'elle y faisait, pleines d'esprit, de grâce et de délicatesse, flattaient son amour-propre [d'un homme] sans jamais
6 Favoriser. Ceux que flatte la fortune.
RAC.: « Le vent qui nous flattait nous laisse dans le port »
7 Donner des louanges vraies ou fausses dans le dessein de plaire, de séduire.
CORN.: « Un chef de conjurés flatte la tyrannie ! »
LA FONT.: « Flattez-les [les rois], payez-les d'agréables mensonges »
MOL.: « Plus on aime quelqu'un, moins il faut qu'on le flatte ; à ne rien pardonner le pur amour éclate »
MOL.: « Je vous conjure de ne me point
BOILEAU: « Mais tout ce beau discours dont il vient vous
Absolument. Il ne sut jamais
Substantivement.
MALH.: « Les muses hautaines et braves Tiennent le
8 Excuser par une complaisance répréhensible. Flatter les défauts de quelqu'un.
CORN.: « Je flattais ta manie afin de t'arracher Du honteux précipice où tu vas trébucher »
RAC.: « J'étudiai leur coeur, je flattai leurs caprices »
FLÉCHIER: « Ils [les saints] nous ont appris par la vie pénitente qu'ils ont menée à ne pas
FÉN.: « J'ai compris que ce père aimait d'un amour raisonnable un de ses enfants qui a de la vertu, et qu'il ne flattait point l'autre dans ses déréglements »
9 Terme de peinture. Flatter une personne, la représenter plus belle qu'elle n'est.
SÉV.: « Vous avez un portrait de moi qui me flatte beaucoup »
OLIVET: « L'estampe que nous en avons dans les hommes illustres de Perrault, le [la Fontaine] flatte un peu »
Ce miroir flatte, il fait paraître les traits plus agréables.
Par extension. Ta muse, en le flattant, réfléchit mon génie, LAMART., Harm. Pièces diverses, A un poëte anglais qui avait traduit une harmonie.
Il se dit d'un portrait fait de vive voix ou par écrit.
DANCOURT: « Clitandre : Voilà, ma soeur, madame Dorothée, Dont mon père tantôt nous a dit tant de bien. - Angélique : Nul mérite, je crois, n'est comparable au sien ; Mon père ne l'a point flattée »
10 Tromper en déguisant la vérité d'une manière avantageuse pour celui à qui on s'adresse. Vous me flattez dans cette affaire-là.
CORN.: « Pour ne vous point
MARMONTEL: « J'ai su qu'elle avait exigé du médecin et de nos tantes de me
Il se dit, en un sens analogue, des choses qui trompent, qui font illusion.
CORN.: « Maurice à quelque espoir se laissant lors
CORN.: « Et mon coeur qui sans cesse en sa faveur me flatte »
LA FONT.: « Messieurs de cour, adieu ; Suivez jusques au bout une ombre qui vous flatte »
RAC.: « Vain espeir qui me flatte ! »
RAC.: « .... Je vois ce qui la flatte : Sa beauté la rassure »
11 Faire espérer.
NICOLE: « L'esprit de l'homme, étant si faible, si sujet à s'égarer, est en même temps si présomptueux, qu'il n'y a rien dont il ne se puisse croire capable, pourvu qu'il se trouve des gens qui l'en flattent »
BOSSUET: « La distribution dont il flattait le peuple »
RAC.: « C'est toi qui me flattant d'une vengeance aisée.... »
RAC.: « Ne m'as-tu pas flatté d'une fausse espérance ? »
RAC.: « De quoi viens-tu
ROLLIN: « Néoptolème l'avait flatté que, dès qu'il se montrerait, tous les Macédoniens du parti opposé se rangeraient sous ses drapeaux »
VOLT.: « On m'a flatté que vous pourriez venir dans nos retraites »
12 Se
LA FONT.: « La jeunesse se flatte et croit tout obtenir »
BOSSUET: « Il ne faut pas se
FÉN.: « Un roi qui se flatte sur ses prétentions »
Tirer vanité. Se
SACI: « J'ai vu Éphraïm comme une autre Tyr, se flattant de sa force et de sa beauté »
Tirer contentement.
MOL.: « ....Je l'ai trop informé Qu'il peut bien se
RAC.: « Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix, Souffrez que j'ose ici me
RAC.: « Je ne me flatte point d'une gloire insensée »
RAC.: « Ils se flattent tous deux du choix de votre mère »
13 Se donner l'un à l'autre des louanges excessives.
VAUVENARGUES.: « Si les hommes ne se flattaient point les uns les autres, il n'y aurait point de société »
14 S'entretenir d'une espérance. Il se flatte qu'on aura besoin de lui.
CORN.: « Quoi ! voilà donc enfin de quoi vous vous flattez ! »
BOIL.: « Vous vous flattez peut-être, en votre vanité, D'aller comme un Horace à l'immortalité »
VOLT.: « S'est-il flatté de plaire et connaît-il l'amour ? »
VOLT.: « Je ne me flattais pas d'y rencontrer un port »
VOLT.: « Puis-je encor me
VOLT.: « Mais ton orgueil ici se serait-il flatté D'effacer Orosmane en générosité ? »
Absolument. Conserver des espérances au sujet d'un malade en danger.
MARMONTEL: « Ma mère eut alors un courage au-dessus du mien ; car elle ne se flattait plus, et moi je me flattais encore »
Entretenir quelque sentiment qui plaît.
CORN.: « Ne vous flattez point tant que de le présumer »
SÉV.: « Je n'ose me
BOURD.: « Toute autre raison n'est qu'un vain prétexte dont nous nous flattons »
VOLT.: « Les papes se flattaient alors de donner l'empire d'Orient et d'Occident »
15 Se persuader, aimer à croire. Il se flatte que vous approuverez sa conduite.
RAC.: « Je me flatte, j'espère.... Qu'on verra de David l'héritier détestable Abolir tes autels.. »
VOLT.: « J'ose me
VOLT.: « Je me flatte que cette lettre arrivera à bon port »
Ce malade se flatte, il croit être moins mal qu'il n'est réellement.
Il se dit aussi de ceux qui espèrent qu'un malade est moins mal qu'il n'est réellement.
SÉV.: « La veille, ma tante était extraordinairement mal.... Mlle de la Trousse se flattait et croyait que c'était qu'elle avait besoin de nourriture »
HISTORIQUE
XIIème siècle
Couci, XIII: Onc [je] ne la soi [sus] losengier ne flater
XIIIème siècle
RUTEB.: « Quant li moiens devient granz sires, Lor vient flaters et nait mesdires ; Qui plus en seit, plus a sa grace »
XVIème siècle
CALV.: « Un adultere condamnera paillardise en general : cependant il se
CALV.: « Ce n'est pas raison que Dieu pardonne les pechez ausquels nous nous flattons »
RABEL.: « Le dez ne ira point à soubhayct, quoy que on le flatte »
MONT.: « Nous ne prestons volontiers à la devotion que les choses qui flattent nos passions »
MONT.: « Un atheïste se flatte à ramener touts aucteurs à l'atheisme.... »
MONT.: « Les bestes nous flattent, nous menacent et nous requierent »
MONT.: « Ou je me flatte, ou encores y a il en cet estat dequoy se soubtenir »
MONT.: « Je cherche à
DU BELLAY: « Chacun se flatte en son affection »
Contes de Cholières, f° 233, dans LACURNE: Pour ne vous point
COTGRAVE: « Qui flate, il grate »
ÉTYMOLOGIE
Bourguign. flaittai ; provenç aflatar ; d'après Diez, du germanique : scandinave, flat, plat, uni ; anc. h. allem. flaz ; de sorte que
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Louer excessivement dans le dessein de plaire, de séduire. "Ceux qui flattent les princes les corrompent. Les hommes aiment ordinairement ceux qui les flattent. Elle aime à s'entendre
En termes de Peinture, "Flatter une personne," La peindre, la représenter plus belle ou moins laide qu'elle n'est. "Le peintre l'a un peu flattée. Les peintres flattent toujours." On dit dans un sens analogue, "Ce miroir flatte."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Excuser par une complaisance répréhensible. "Il est trop homme de bien pour
Il signifie encore, Tromper en déguisant la vérité, ou par faiblesse, ou par une mauvaise crainte de déplaire. "Vous me flattez dans cette affaire-là. On ne flatte ordinairement que trop. Dites-moi sans me
Il signifie quelquefois, figurément, Traiter avec trop de douceur et trop de ménagement ce qui a besoin d'être traité d'une autre manière. "On ne guérit point les grands maux en les flattant."
"Flatter une plaie," N'y appliquer que des remèdes trop doux. "C'est entretenir une plaie que de la
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Caresser. "Flatter un enfant. Flatter un cheval de la main, avec la main. Flatter un chien. Le chien flatte son maître."
"Flatter la corde d'un instrument de musique," La toucher doucement, avec délicatesse.
"Flatter le dé," Jeter doucement les dés, en jouant, dans l'espoir de n'amener qu'un petit nombre de points. "Ne flattez point le dé, jetez-le franchement."
Fig. et fam., "Flatter le dé," Déguiser, adoucir quelque chose de fâcheux par des termes qui en cachent une partie, ou qui font le mal moins grand. "Parlez-nous franchement, ne flattez point le dé, il ne faut pas
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie encore, Délecter, charmer, tant au sens physique qu'au sens moral. "La musique flatte l'oreille. Ce vin flatte le goût. Un spectacle qui flatte les yeux, les regards. Cela flatte l'imagination, flatte les sens."
Il signifie quelquefois, Causer un vif plaisir, une grande satisfaction. "Cela doit bien le
"Flatter les passions, les caprices, les goûts, etc., de quelqu'un," Complaire aux passions, aux caprices, aux goûts, etc., de quelqu'un, leur donner son approbation, ses louanges. "Cet orateur flattait les passions de la multitude. Il flatte jusqu'aux caprices du prince. Il flatte tous ses goûts."
"Flatter sa douleur, sa peine, son chagrin," En adoucir le sentiment par des pensées consolantes. On dit de même, "Flatter la douleur, la peine, etc., de quelqu'un."
"Flatter quelqu'un de quelque chose," Lui faire espérer quelque chose, l'amuser de l'espérance de quelque chose. "On le flatte qu'il obtiendra ce qu'il désire. Il y a longtemps qu'on le flatte de cette espérance."
5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
avec le pronom personnel, signifie, Avoir ou vouloir donner une trop haute idée de soi-même, de son habileté, de ses ressources, etc. "C'est un homme vain qui se flatte toujours. Il est ridicule de se
Il signifie aussi, S'entretenir dans l'espérance, s'amuser de l'espérance de quelque chose. "Elle s'était flattée de réussir. Il se flatte qu'on aura besoin de lui. C'est de quoi il s'est toujours flatté. J'y parviendrai, je m'en flatte."
Il signifie quelquefois, Se persuader. "Il se flatte que vous approuverez sa conduite. Je me flatte que vous ne doutez point de mes sentiments."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
ou FLATER, v. act. ["Flaté": 2e "é" fer.] 1°. Louer excessivement dans le dessein de plaire, de séduire. '"Flater les" Grands. 'Nous n'aimons que ceux qui "nous flatent". 'Ce Peintre "l' a flatée"; il l'a peinte plus belle qu'elle n'est.
- 2°. Excuser par une mauvaise complaisance. '"Flater les" passions, "les" défauts de ses amis":" "flater le" vice.
- 3°. Tromper en déguisant la vérité. 'Le Médecin "flate" ce malade. 'Ne "me flatez" pas. 'Dites-moi sans "me flater" ce que vous pensez de cet ouvrage. 'Ce malade, ce plaideur "se flate", etc.
"Soit dit", "sans me flater", sans vanité.
Si feu mon père.
"Sois dit", "sans me flater", avait eu mon coup-d'oeuil,
Jamais je n'~ eusse~ été Madame de Limeuil.
"Barthe".
- 4°. Traiter avec trop de douceur. "Flater" une plaie. 'On ne guérit point les grands maux en "les flatant". Cela est vrai dans le moral, comme dans le physique.
- 5°. Caresser: "flater un" enfant; "un" chien; "un" cheval avec la main. 'Chien qui "flate son" maître.
- 6°. "Flater de..." faire espérer. 'On "le flate", ou il "se flate d'un" succès complet, "de gâgner" son procès.
- "Se flater", se persuader. 'Il "se flate qu'"on aura besoin de lui. 'Il "s'en est" toujours "flaté".
- 7°. "Délecter". 'Musique qui "flate l'"oreille; vin qui "flate le" goût. 'Cela "flate" l'imagination, les sens.
- "Flater sa" douleur, "son" ennui, en adoucir le sentiment.
"Rem." 1°. La prép. "de", que régit "flater", ne doit s'employer qu'avec les noms des chôses qu'on nous fait espérer. Voy. n°. 6°. Ce vers de "Boileau" me paraît donc répréhensible.
Vînt "flater le péché de" discours imposteurs.
L'usage veut en cet endroit, "par des discours imposteurs": "Flater", y a le sens marqué au n°. 2°.
- "Voltaire" a fait la même faûte.
Je m'entendais "flater de" cet auguste voix,
Dont tant de Souverains ont adoré les lois.
Il aurait pu dire, sans déranger le vers.
Je m'entendais "flater par" cette auguste voix.
"De" lui a paru plus doux que "par", et il a sacrifié la régularité à l'harmonie. Voy. DE.
2°. "Se flater que" ou "de" a le sens "d' espérer". Un Auteur moderne lui done un aûtre sens que l'usage n'admet pas. 'Ce Seigneur "se flatoit de l'avoir" dans son Régiment. Vous croiriez que ce Seigneur "espérait de l'avoir" dans son Régiment: ce n'est point cela. L'Auteur veut dire que le Colonel "étoit flaté", se croyoit heureux "de l'avoir", etc.
- Le P. "La Ruë" lui a doné, à peu près, le même sens. 'Si le monde aprouve votre obéissance, "ne vous en flatez pas;" c. à. d. n'en tirez pas vanité. "Ne vous en flatez pas", signifie ne le croyez pas. Ainsi, il y a un contresens dans cette phrâse. = M. "Marmontel" fait dire à une Dame; "je me flate" (c. à. d. j'aime à croire) "d'être née" pour rendre heureux un homme de bien.
- C'est le vrai sens de ce mot. = "Se flater que" avec le futur, c'est donc "espérer que": "se flater de" avec l'infinitif, c'est "avoir la présomption~", "la persuasion de", etc. "se persuader que", etc. = Remarquez enfin que, dans ce sens même, "se flater régit que", lorsque le verbe régi ne se raporte pas au sujet de la phrâse, et "de" lorsqu'il s'y raporte: 'Je "me flate que" vous "viendrez": je "me flate d'être" aprouvé de vous. = Mais il n'a de régime des verbes qu'avec le pron. pers. et étant employé comme "réciproque". 'On dit, je "me flate d'obtenir" ou, "que j'obtiendrai": On ne dit pas, vous "me flatez que j'obtiendrai", ou "d'obtenir". Il faut dire, vous "me faites espérer d' obtenir", ou, "que j'obtiendrai". 'Nous devons craindre que notre vanité ne "nous flate" souvent "de pouvoir" parvenir à des conaissances, qui ne sont pas faites pour nous. "Fontenelle". Je voudrais dire, que, séduits par notre vanité, nous "ne nous flations de pouvoir", etc.
- L'actif se dit avec le régime des noms. '"Flater le" pécheur "de" l'impunité: la lui faire espérer.
On dit, proverbialement, "flater le dé", ne pas parler ou agir franchement.
- "Flater le chien, jusqu'à ce que l'on soit aux pierres": faire bonne mine à certaines gens, jusqu'à ce qu'on puisse leur résister.
*FLATER, s. m. "Malherbe" l' a employé:
Les Muses hautaines et braves.
Tiennent "le flater" odieux.
On dit, "la flaterie".
Emplacement dans le dictionnaire :
| flasque flasquer flasqueuse flassade flat flatir flatoir | flâtrer flâtrure flatterie flatteur flatueux flatulence | flatulent flatuosité flavert flavescent flavet fléau flèche |
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